Balade à Kolkata au fil de l’eau

Le Gange pour ligne de vie

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July 16, 2016

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Un enfant profite de la brise du Gange, près du temple de Belur Math

Un enfant profite de la brise du Gange, près du temple de Belur Math

Pour découvrir Kolkata, la perle de l’Est de l’Inde, avec ses splendides bâtiments coloniaux, sa poésie qui imprègne jusqu’aux conversations dans le plus petit café et son syncrétisme religieux et spirituel, il faut commencer le voyage sur l’eau, le long de ce fleuve Gange qui traverse et irrigue la ville, telle une source de vie.

Une croisière sur le grand fleuve sacré des Indiens donne un aperçu de cette légendaire Calcutta, son ancien nom, du temps des Britanniques. Ces derniers en avaient fait leur première capitale officielle des Indes britanniques, au XVIIIe siècle, jusqu’à ce que Delhi ne la supplante, au début du XXe siècle.

En empruntant un de ses bateaux de croisière aux cabines climatisées de bois lambrissés, préférez le pont supérieur ouvert mais couvert, pour sa vue imprenable sur les flots. Le parcours standard de trois heures part de la jetée près du Millenium Park, jusqu’à l’impressionnant complexe de temples de Belur Math. Une compagnie comme Vivada Cruise organise quatre croisières par jour, du matin au soir. Celle partant à 16h est la plus intéressante car elle permet de profiter d’un superbe soleil couchant et de lumières vespérales imprégnées de mystère.

De prime abord, on est frappé par l’activité sur le fleuve : les pécheurs dans leurs petites barques en bois effilées, qui jettent leurs filets avec nonchalance ; les grandes barges guettées par la rouille, remplies jusqu’à la garde de matériaux de construction ou de marchandises ; les embarcadères aux pieds des usines. C’est que le Gange est nourricier à plus d’un titre : indispensable pour l’irrigation, axe de transport et de communication et surtout, source intarissable de spiritualité. Mother Ganga, mère de tous les bienfaits et le plus sacré des sept fleuves sacrés indiens.

Redécouvrir la ville

« Toute la ville a été construite autour du fleuve. Des usines aux ports en passant par les emplacements de crémations, sur les berges, où les habitants de Calcutta aiment venir le soir se promener, pour regarder passer les bateaux et profiter de la brise », explique une jeune journaliste qui a à cœur de redécouvrir régulièrement sa ville, en l’observant depuis les flots.

Le bateau avance paisiblement, laissant aux flâneurs tout le loisir de saisir la vie grouillante sur les berges, les Ghats : des habitants qui lavent leur linge, prient ou simplement lisent le journal ; des enfants sautant dans l’eau du toit d’une autre embarcation ;  les corniches d’une vieille demeure coloniale servant de perchoir à des oiseaux, au coeur d’une végétation envahissante.

Tous les grands classiques s’offrent au regard : l’antique gare ferroviaire de Howrath, au rouge éclatant, les vieux ponts à haubans aux entrelacs métalliques, les gratte-ciels déjà un peu décatis et le fameux marché aux fleurs de Mullik Ghat.

Le voyage est marqué par une halte mémorable de 45 minutes au centre religieux de Belur Math, qui abrite la Ramakrishna Mission, du nom d’un sage Bengali, Ramakrishna Paramahamsa (1836-1886), qui se fit l’apôtre de l’unité de toutes les religions. Le temple de Ramakrishna, érigé en 1938, est ceint d’un splendide parc, au bord du Gange. L’imposant édifice brasse différentes influences religieuses, suivant le point de vue de chacun, de la cathédrale chrétienne au palais indien.

Nul hasard si le temple a été construit sur les bords du Gange. « Les Hindous associent la religion avec la nature et en particulier les fleuves », poursuit la jeune habitante de Calcutta. « Ici, le Gange est entouré d’une multitude de temples. Et d’autres grandes villes de la spiritualité indienne, comme Bénarès, sont aussi organisées autour du fleuve. La particularité est qu’à Calcutta vous pouvez aussi voir le long du Gange des édifices de nombreuses autres religions, par exemple plusieurs églises chrétiennes. Ici, nous ne pensons pas en termes d’une religion unique, tout est mélangé dans cette ville multiculturelle».

La croisière terminée, en attendant, sur la terre ferme, de plonger dans la nuit animée de Calcutta, l’on se dit qu’après avoir emprunté le fleuve avant qu’il ne se jette dans la mer du Bengale, sa destination finale, il faut remonter à sa source, au glacier Gangotri dans l’Himalaya. Cette balade sur les flots incite autant à la rêverie qu’elle aiguise l’appétit du voyageur.

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