Revue du film PK

Les religions vues par un extra-terrestre

Cinema

February 23, 2015

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Indes

Janvier-Fevrier 2015

ph

Lorsque PKdébarque de sa soucoupe volante en plein désert du Rajasthan, il ne connaît rien au monde des hommes. Sa quête pour récupérer sa médaille volée va lui montrer les religions sous un bien triste jour. PK, le cru 2014 de la méga-star Aamir Khan est d’ores et déjà un grand succès au box-office.

On rit beaucoup dans PK, le dernier film de Rajkumar Hirani (Munnabhai et 3 Idiots). Car les religions, vues au travers du regard neuf et naïf de PK (Aamir Khan, très bon) semblent bien absurdes. Difficile pour lui de s’y retrouver dans ces croyances et ces rituels toujours changeants selon que l’on vénère Shiva, Dieu, ou Allah. PK est animé par un objectif : s’attirer les grâces d’un être suprême qui l’aiderait à retrouver sa médaille – et à regagner sa planète. Car le premier homme rencontré dans le désert la lui a arrachée avant de prendre la fuite. Nu comme un ver, l’extra-terrestre aux traits bien humains (hormis ses oreilles excessivement décollées) est propulsé dans un village du Rajasthan. Pour s’habiller et se vêtir il invente ses solutions, dérobant les vêtements des amants dévêtus dans les « voitures qui dansent », et récoltant les billets à l’effigie de Gandhi qu’il échange contre des carottes. Il intègre le bhojpuri, la langue locale, et un musicien sympathique, Bhairav Singh (Sanjay Dutt) le prend sous son aile. La suite du film le montre dans Delhi, où il poursuit sa quête. Une jeune journaliste de télévision, Jaguu (Anushka Sharma), qui veut faire de lui un sujet de reportage, se prend d’amitié pour lui et l’héberge dans son appartement. Un bras de fer s’ensuit avec le gourou de sa famille, Tapasvi Ji (Saurabh Shukla) un bonhomme gros et gras tout de blanc vêtu qui est entré en possession de la médaille de PK. Les deux adversaires se confronteront lors d’une émission télévisée, que le chef de Jaguu (Boman Irani) met sur pied pour aider l’extra-terrestre.

Les religions mises à mal

L’univers des gourous, qui abusent de la crédulité de leurs dévots en prend un sacré coup. D’autant plus que Tapasvi Ji encourage ses fidèles à se méfier des musulmans. Mais aucune religion n’est épargnée. Des jeunes musulmanes sont interdites d’aller à l’école à cause d’une fatwa. Des prêtres tentent de convertir des gens au christianisme en leur mentant. Dans l’une des scènes les plus désopilantes du film, un acteur peint en bleu, censé incarner le courage et la toute-puissance de Shiva traverse la scène ventre à terre pour échapper au héros.

Pourquoi aucun dieu n’accède-t-il à sa demande, s’interroge PK, n’est-ce pas leur rôle ? Et pourquoi les hommes saints réclament-ils de l’argent, en jouant sur la peur des gens, de surcroît ? Pourquoi les religions génèrent-elles des conflits ? PK s’emmêle, et fait une offrande de noix de coco à une église chrétienne. Celle-ci utilise du vin rouge dans ses rituels ? Soit, il achète deux bouteilles, direction la mosquée. On rit encore. Le monde des humains est bien décevant. Mensonge et égoïsme prévalent, comme si les personnages trop orthodoxes avaient fait subir un lavage de cerveau à une bonne partie de l’humanité.

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