Rythmes politiques et engagement artistique

Faire entendre sa voix

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April 17, 2019

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Indes

Mars-Avril 2019

La scène musicale indienne est riche et dynamique et nombreux sont les artistes qui souhaitent faire entendre leur voix au travers leur art. INDES a rencontré 4 groupes musicaux de genres très différents – rap, mélange de musique classique indienne, de rock psychédélique et de musique expérimentale, pop, ou encore reggae – pour comprendre leur vision de l’Inde et du lien entre musique et politique.

SUMEET SAMOS

Le rythme et la rime contre les castes

Sumeet Samos

Sumeet Samos

Sumeet Samos a seulement 25 ans, un diplôme de master 2 d’une des universités les plus prestigieuses d’Inde, et il veut continuer à étudier. Mais pour y arriver il a dû se battre ; issu d’une famille très pauvre de la communauté des dalits (intouchables) la discrimination faisait partie de son quotidien. Déjà à l’école primaire dans son village d’Odisha il ne pouvait pas s’asseoir à côté de ses camarades de castes plus hautes ni boire la même eau. Cette discrimination l’a poursuivi à Delhi et à l’université. Après le refus d’une bourse d’échange universitaire malgré les meilleures notes de toute la filière et le suicide de son ami étudiant dalit, Sumeet a trouvé son exutoire dans le rap.

Que voulez-vous exprimer ?

Ce que j’ai vu dans ma vie a été très violent : les massacres, la ségrégation. Quand j’ai vu que même à l’université j’étais discriminé et que je ne pouvais pas échapper à ma caste, j’ai commencé à me renseigner, à participer à des manifestations. J’ai pu lier mon expérience personnelle à la structure de la société indienne – un système social très stratifié ou les individus ont un statut attribué selon la caste dans laquelle ils sont nés. Les dalits sont considérés comme étant tout en bas de cette hiérarchie et sont censés exécuter les travaux dégradants comme la vidange manuelle, ou l’incinération des morts. Même dans les universités, il y a régulièrement des suicides d’étudiants dalits à cause cette discrimination. Mais c’est ici, à la fac, que j’ai acquis un vocabulaire, des notions qui me permettent de formuler ce que j’ai à dire : il faut que nous luttions pour nos droits, pour l’accès aux opportunités, et nous ne devons jamais douter de notre valeur – nous ne sommes pas inférieurs aux autres.

Comment avez-vous choisi le rap pour l’exprimer ?

Dans mon enfance j’ai souvent participé au nat – théâtre traditionnel de notre communauté ou l’on livrait des monologues de quelques minutes. J’avais donc l’habitude de m’exprimer. Un jour, à l’université, je me suis senti dépassé face à l’injustice que ma communauté subit. J’étais en rage. J’ai enregistré sur mon téléphone les phrases de colère qui coulaient toutes seules. Je les ai publiées sur Facebook et le lendemain j’ai reçu des dizaines de messages. Les gens ont dit : « c’est du rap anti-caste ». Mais moi je savais que ce n’était pas encore du rap – je n’avais pas encore de rythme, de rimes, de structure. Mon hindi et mon anglais n’étaient pas au point non plus, ce ne sont pas mes langues maternelles. J’ai dû y travailler pour pouvoir mieux exprimer ce que j’avais à dire.

Quelles plateformes utilisez-vous pour atteindre votre public ?

Ce que je préfère ce sont les concerts, car je peux interagir avec le public et expliquer le contexte de mes chansons. Je joue dans des manifestations contre les violences de castes. Je joue dans des évènements organisés par des universités ou des organisations philanthropes. J’ai aussi donné des concerts en France et à l’Île Maurice l’année dernière. À Paris j’ai joué, entre autres, à la Maison des métallos – la salle était comble ! Ça a été une belle expérience. Cette année je suis de nouveau invité à jouer dans ces deux pays. Et je suis présent sur Youtube mais pour l’instant je n’ai pas beaucoup de fonds pour produire plus de vidéos pour mes chansons, je n’en ai produit que trois. Mais surtout, je vais sortir un album, j’ai écrit plus de 25 chansons.

Quel impact pensez-vous avoir sur votre public ?

Dire que je peux avoir un impact ou réellement changer des choses serait exagéré. Je veux seulement participer à la création d’une nouvelle conscience. Je veux que les gens réalisent à quel point la société indienne est violente ; les suicides, les crimes d’honneurs, les massacres et la discrimination sont des faits. Et la musique joue un rôle important parce qu’elle touche aux émotions. Maintenant ma communauté me considère comme un faiseur d’opinion, et s’ils écoutent mes positions, alors je pense pouvoir avoir de l’influence sur leur conscience. Et si cela déclenchait un changement positif, ce serait formidable.

Est-ce important que les artistes soient politiquement engagés ?

Oui. Je pense qu’être apolitique est un privilège que je ne peux pas me permettre. Et d’ailleurs, se déclarer apolitique est aussi une position politique. Moi, je ne suis pas timide quand il s’agit de prendre une position très claire sur la condition de ma communauté. Je ne peux pas faire autrement, sinon je trahirais mes idéaux.

Liens : https://www.youtube.com/channel/UCBg0FZaCtFj1BLfD5rR8aPA

 


SPACE

Non au patriarcat, oui à l’égalité

space

Space

SPACE est une plate-forme d’expérimentation musicale fondée par la chanteuse Tritha Sinha et la comédienne et rappeuse Ritika Singh, deux amies de longue date qui ont décidé qu’elles avaient besoin d’un autre espace que celui auquel, en tant qu’artistes féminines indiennes, elles avaient accès. Tritha, formée au chant classique indien depuis l’âge de cinq ans, fusionne cet héritage avec du rock psychédélique au sein de son groupe indo-français, Tritha Electric. Elle donne des concerts en Inde et à l’étranger, notamment en France. Ritika, une passionnée de scène, a joué dans plusieurs pièces de théâtre et performances expérimentales en Inde, et depuis la création de SPACE, elle se consacre tout autant au chant. À travers divers genres, le chant classique indien, le rap et la musique expérimentale entre autres, Tritha et Ritika dénoncent les abus faits aux femmes, aux enfants, aux citoyens et à l’environnement.

Qu’est-ce que SPACE ?

Ritika : SPACE est une réponse conceptuelle à la claustrophobie que nous avions ressentie dans nos vie professionnelles et personnelles. SPACE est une plate-forme qui n’est pas tangible, nous pouvons donner un concert dans un salon, sur un toit, peu importe. C’était aussi une réponse au manque d’espace dans l’environnement urbain indien, mais le nom a progressivement pris le sens d’un espace d’inclusion, car nous collaborons toujours avec des artistes de tous horizons – peintres, danseurs, poètes – qui ne sont pas toujours des artistes professionnels.

Tritha : Nous pouvons jouer dans la rue quand nous nous mettons en colère à cause d’un incident ou d’un problème, comme nous l’avons fait pour dénoncer les crimes d’honneur en Inde. Nous jouons aussi dans des clubs, et même si notre musique est plus légère, nous invitons le public à participer dans un exercice de sensibilisation que nous incorporons dans les performances. Nous donnons des concerts dans des écoles, dans des ONG qui travaillent avec des femmes victimes de violences. Une fois nous avons joué devant 20 000 femmes, durant la plus grande campagne contre les violences faites aux femmes, One Billion Raising. Nous avons aussi réalisé une performance pendant un TEDx à Delhi.

Avez-vous investi SPACE d’une mission ?

Ritika : Au fur et à mesure, nous nous sommes focalisées de plus en plus sur les problèmes liés au genre, et SPACE est aussi devenu un acronyme : Stop Patriarchy and Choose Equality (« Non au patriarcat, oui à l’égalité »).

Tritha : Dans une même journée je peux entraîner ma voix chez moi puis, alors que je sors dehors, je peux subir des attouchements. Quand ça t’arrive tu ne peux plus rentrer et recommencer à travailler comme si de rien n’était, et juste penser que dans ce pays, pour des raisons de sécurité, nous avons besoin de compartiments de métro dédiés aux femmes. Avec Ritika nous ne pouvons pas tolérer cet état de choses, donc nous voulons utiliser la plate-forme que nous avons pour remettre en question cette réalité.

Quel impact pensez-vous pouvoir exercer en tant qu’artistes ?

Ritika : Nous échangeons avec notre public ; nous ne faisons pas que donner des concerts mais nous partageons aussi des histoires vraies à travers des mises en scène. Nous voulons que notre public se sente concerné. Nous avons produit des chansons sur la violence domestique, l’abus sexuel, le viol conjugal et l’infanticide féminin, entre autres.

Tritha : La mission de SPACE est de créer une prise de conscience sur les choses autour de nous qui ne tournent pas rond. Dans nos chansons, comme Is this Fair (« Est-il juste »), nous dénonçons la corruption dans la politique, dans le système judiciaire, et le manque d’éthique général en Inde. Dans Martyrs of Freedom (« Les Martyres de la liberté ») nous rendons hommage aux femmes indiennes qui ont succombé à des crimes haineux commis par les hommes. Je crois profondément que la musique a le pouvoir de sensibiliser et de produire un changement dans la société, si nous le faisons avec des bonnes intentions.

Est-ce important que les artistes soient politiquement engagés ?

Ritika : Je pense que chaque personne doit être politiquement engagée. Pour un artiste, peut être que l’art est un processus interne et thérapeutique et non une revendication politique, mais en tant qu’individus nous devons rester conscients et essayer de comprendre comment fonctionnent les systèmes de pouvoir. C’est la responsabilité de chacun, pas seulement des artistes.

Tritha : Si nous voulons préserver notre civilisation pour un siècle de plus, il faut que l’on se remue et commence à se comporter mieux. Maintenant il faut que nous dirigions notre attention vers chaque aspect de notre existence : que ce soit le manque de respect de base envers le sexe opposé, celui envers l’environnement, nos habitudes autodestructrices ou le manque alarmant d’éthique. Alors, oui, si questionner ces choses veut dire être politiquement engagé dans ce cas-là il est essentiel qu’en tant qu’artiste je sois engagée.

Liens : https://soundofspace.bandcamp.com/

http://www.tritha.com/projects/spaces

 


AISI TAISI DEMOCRACY

Musique et stand-up pour dénoncer la classe politique

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Sanjay Rajoura

Trois artistes de stand-up aux parcours très différents se complètent sur scène pour faire entendre leur voix : Sanjay Rajoura, Rahul Ram et Varun Grover. Cet art se développe peu à peu en Inde mais les références, comme Russell Peters (artiste canadien d’origine indienne) ne sont accessibles qu’à la partie anglophone de la population. Aisi Taisi Democracy relève le défi depuis maintenant cinq ans de divertir le public indien en chanson, de le faire réfléchir sur les grands sujets sociétaux tout en dénonçant la classe politique quand elle faillit à sa mission.

Parlez-nous de vous et d’Aisi Taisi Democracy

Après mon master, j’ai travaillé dans le secteur informatique, à Singapour et aux États-Unis. Après 10 ans, j’ai réalisé que je ne voulais pas être un sans voix pour le reste de ma vie. J’ai démissionné et je suis revenu en Inde. Avec Varun et Rahul, nous avons créé le groupe de stand-up, Aisi Taisi Democracy. Rahul a fait partie de la Narmada Bachao Andolan qui s’est constituée contre le barrage de Sardar Sarovar au Gujarat, un barrage qui détruit la rivière Narmada et toute la flore et la faune qui l’entourent. Rahul était un activiste et il joue au sein du groupe Indian Ocean, leur musique a été utilisée dans des séries politiques. Varun était ingénieur mais a toujours voulu être écrivain. Nous sommes trois personnes différentes de trois générations différentes. Nous avons décidé de faire un premier spectacle, pour nous amuser. Heureusement, ou malheureusement, le premier show a coïncidé avec la semaine où ce gouvernement a été porté au pouvoir. Beaucoup de gens pensent que nous avons monté ce groupe contre le gouvernement actuel, alors que ce n’était qu’une coïncidence. Au fil des ans, nous sommes devenus de plus en plus politiques.

Laquelle de vos pièces a été la plus populaire ?

Celle sur la démonétisation a été la plus populaire ainsi que celle sur les relations Inde-Pakistan. Celle-ci est devenue virale au Pakistan, les artistes pakistanais ont répondu avec leur propre version de la même chanson ; ils ont juste changé les paroles. Aujourd’hui encore, quand je vais au Pakistan, les gens me demandent de chanter cette chanson. Pour les deux chansons qui sont devenues virales, on a mis de nouvelles paroles sur des airs qui étaient déjà très populaires depuis des décennies. Quelques chaînes d’information des deux côtés, même la BBC, ont fait des reportages sur ces chansons. Cela a capté l’imagination. La démonétisation a frappé très durement les gens, cela a touché tout le monde et la chanson sur ce sujet a donc touché tout le monde. Celle sur le Rafale a moins marché, l’accord Rafale n’étant pas connu en détail par les gens en général.

Pensez-vous avoir une influence politique sur vos fans ?

Les gens qui encouragent nos spectacles pensent déjà comme nous et souhaitent que quelqu’un d’assez célèbre exprime ce qu’ils pensent. Je ne sais pas à quel point j’influence l’opinion des autres. Quelqu’un qui n’adhère pas au personnage sera contre moi et quelqu’un qui adhère au personnage sera de mon côté.

Idéalement, vous devriez être capable de convaincre les gens, mais je pense qu’en ces temps où les médias sociaux, les trolls, les haters de droite sont si bruyants et repris, il est très facile pour ceux qui sont de notre côté de croire qu’il n’y a pas de voix. Il est important qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls et qu’il y a des gens qui risquent leur vie pour parler de choses qui sont mal faites. Il est important de leur faire savoir que leur voix n’est pas minoritaire.

Est-ce important que les artistes soient politiquement engagés ?

Quand on est en démocratie, on choisit les gens qui nous gouvernent et on se réserve aussi le droit de poser des questions, de les critiquer, parce que ces gens sont censés nous servir. Malheureusement c’est l’inverse qui se passe. Ils créent un récit où ils se projettent comme les sauveurs et nous sommes censés les vénérer.

L’art doit être politique. L’art n’existe pas dans le vide. Il doit provenir d’un choc, d’une souffrance ou de quelque chose de dérangeant qui se passe autour de vous. Il faut que l’art soit politique, et je dis cela parce que lorsque je regarde le monde, je pense qu’il ne va que dans une seule direction, l’annihilation. Le monde va se détruire tout seul. Seulement 1% de la population mondiale possède 99% de la richesse. Si cela ne vous fait pas bouger en tant qu’artiste, je ne sais pas ce qui le fera.

Liens : www.facebook.com/AisiTaisiDemocracy

www.youtube.com/channel/AisiTaisiDemocracy

 


TARU DALMIA POUR BFR SOUND SYSTEM

Donner une voix aux opprimés grâce au reggae

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Taru Dalmia Pour Ber Sound System

Les 2 et 3 mars, à Delhi, se déroulait l’évènement « Artists Unite », un regroupement d’artistes hétéroclites. Leur but ? Exprimer haut et fort leur opposition à la politique menée par le gouvernement actuel et défendre la liberté d’expression. L’un des organisateurs, Taru Dalmia, exprime ses convictions grâce au reggae et au ska. INDES l’a rencontré à l’issue de l’événement.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Taru Dalmia, nom d’artiste, Delhi Sultanate. J’essaie de faire émerger le reggae en Inde à travers différents groupes musicaux. Nous avons un groupe appelé les Ska Vengers, un autre qui se nomme Bass Foundation Roots (BFR) et j’ai un projet appelé World Sound Power grâce auquel nous voyageons dans différentes régions de l’Inde, où les gens écrivent des chansons révolutionnaires. L’une des idées du festival Artists Unite, ce week-end, était de démontrer que nous pouvons exprimer des opinions politiques différentes sans avoir peur.

Que sont ces différents groupes ?

Ska Vengers est un groupe de ska. Nous sommes huit personnes en costume sur scène. Nous jouons dans de grands festivals de musique et avons un pied dans l’industrie musicale.

Bass Foundation Roots, c’est moi et un sound system (système de sonorisation). On peut se poser dans un parc et on joue notre musique. Ce n’est pas un show sur scène. Dans un spectacle de sound system, les personnes sont autour de la cabine du DJ et beaucoup dansent avec leurs amis. Les spectacles de sound system durent cinq heures. C’est un événement communautaire où les gens discutent, dansent, sortent, reviennent. En 5 heures, vous créez une ambiance.

World Sound Power nous permet de sortir de notre propre contexte social pour voyager dans des régions lointaines où il y a des gens qui font des chansons révolutionnaires. World Sound Power est un cadre musical qui nous permet de créer des liens, de nous engager avec ces gens et de diffuser la musique aux personnes qui vivent là.

Quand et comment votre engagement politique a-t-il commencé ?

Mes parents sont des universitaires. J’ai passé ma petite enfance en Allemagne. En Europe, je faisais partie d’une minorité. Vous avez l’impression de ne pas avoir de visage dans la culture populaire et on vous propose une certaine version de l’histoire. La musique reggae parle de l’histoire coloniale. L’Europe a toujours exporté sa violence ailleurs, et le confort et l’ordre dont vous jouissez ont un prix, le sang. L’Inde est une société postcoloniale et nous avons hérité de tant de choses de l’époque coloniale : l’État-nation, notre idée de ce qu’est le développement, notre idée de ce qu’est une nation. Ainsi, alors que l’Europe a exporté sa violence vers d’autres parties du monde, nous, en Inde, nous ne pouvons que nous cannibaliser. Donc, on s’attaque aux campagnes, aux régions riches en minéraux, aux régions tribales, là où il y a beaucoup de violence et de répression. Il s’agit souvent d’entreprises multinationales qui spolient les droits des locaux.

Aujourd’hui, en Inde, vous avez une combinaison très toxique de capitalisme et de nationalisme, un nationalisme très belliqueux. Les élections approchent, et elles ne se fondent pas sur des sujets concrets, réels. Nous estimons que les sujets de fond ne sont pas traités. On ne parle pas du chômage, ni de l’environnement, du respect de la vie privée, du développement…

Pensez-vous avoir une influence politique sur vos fans ?

Je pense que les gens qui sont avec nous ne sont pas susceptibles de voter pour Modi. Le moins que l’on puisse faire, c’est d’amener les gens à se poser des questions. Proposer un récit différent, une voix différente, faire au moins en sorte que les gens se posent des questions plutôt que s’en tenir à une seule version. Le pouvoir consiste à imposer votre version de la réalité aux gens, la façon dont vous interprétez les événements autour de vous. Imposer votre récit au peuple, c’est le pouvoir. Et mon objectif est de miner un peu cela.

Est-ce important que les artistes soient politiquement engagés ?

Je ne pense pas que les artistes devraient se contenter de divertir, mais il n’est pas vrai non plus que tous les artistes doivent parler de politique. Idéalement, vous voudriez vivre dans une société où ce n’est pas nécessaire. Mais si l’injustice franchit un certain seuil, vous ne pouvez pas continuer à peindre vos tableaux en prétendant que rien ne se passe. J’ai l’impression que ce seuil a été franchi. Pour moi, en Inde, nous sommes dans un scénario de guerre civile. Tellement de personnes ont été tuées. Tant d’agriculteurs se sont suicidés au cours des dix dernières années. Donc, je pense que si cela en arrive là, vous avez une responsabilité, pas seulement en tant qu’artiste, mais en tant que citoyen.

Liens : https://soundcloud.com/delhi-sultanate

https://soundcloud.com/bassfoundationroots

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