Le film ‘Highway’

La liberté sur les routes de l’Inde

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Cinema

October 24, 2014

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Indes

mars-avril 2014

highway

Avec Highway, Imtiaz Ali entraîne le spectateur dans un « road-movie » en camion sur les routes du nord de l’Inde. Une jeune fille des beaux quartiers de Delhi est kidnappée au cours d’un braquage dans une station-service, et ses ravisseurs décident de l’emmener avec eux dans leur périple. L’aventure, qui aurait pu tourner au drame, lui permet de ressentir, pour la première fois de sa vie, un sentiment de liberté et de plénitude.

Le périple l’enchante tellement qu’elle souhaite qu’il dure toujours… si bien qu’elle se cache lorsque des policiers demandent à voir l’intérieur du camion dans lequel elle est enfermée. Petit à petit, elle s’éprend du chef de la bande, Mahavir, un grand viril de l’Etat de l’Haryana peu loquace, qui lui permet de s’asseoir à l’avant du camion avec lui. Difficile à croire ? Certes. Reste que le syndrome de Stockholm est un fait établi. L’histoire est donc plausible. Par bonheur, Alia Bhatt, l’actrice principale, (dont c’est le deuxième rôle au cinéma), est très juste dans le rôle de Veera, une jeune fille impulsive et pleine de vie. Son kidnapping lui permet d’échapper à son mariage, prévu quatre jours plus tard, et à l’existence dorée et artificielle qui l’attend. Sur la route qui la mène avec ses kidnappeurs à travers le désert, la campagne et les montagnes enneigées, ses sens s’éveillent, elle redécouvre la nature, le vent qui la caresse, la pluie, la lune, les lumières du ciel, un torrent… à mille lieux du sud de Delhi et de sa famille conventionnelle. La vraie vie ? Un jour, mal fagotée dans ses grosses chaussures et ses vêtements chauds, elle entame, avec l’un des bandits, une danse sur un parking plein de camions. La scène est drôle et respire la joie de vivre. Plus loin, grimpée sur le toit d’un autobus brinquebalant sur une route montagneuse du Cachemire, elle vit un autre moment de plénitude.

Mais parfois son passé refait surface. Un jour, elle confie brusquement à Mahavir (Randeep Hooda), son ravisseur, ses blessures d’enfance – des abus sexuels que lui faisaient subir son oncle. Le danger était donc à l’intérieur de la maison, et non en-dehors…comme le lui rappelait son père. Mahavir aussi a souffert lorsqu’il était petit, et Veera parvient à lui extorquer quelques confessions. Elle lui fait promettre de retourner voir sa mère « lorsque tout cela sera terminé ». Mais malheureusement, le personnage du kidnappeur, au visage invariablement fermé, manque de composition. Les deux héros s’éprennent l’un de l’autre, mais d’un amour qui reste chaste… même dans le paradis retrouvé, sur les hauteurs de l’Himalaya… Pas même une scène de danse n’émaille le film pour suggérer autre chose, comme on en a l’habitude dans la plupart des films « Bollywood ».

Le « road-movie » prend une dimension supplémentaire grâce aux images du Rajasthan, du Punjab, de l’Himachal Pradesh, ou du Cachemire traversés par le camion, et aux rencontres avec les habitants de l’Inde : un concert de musiciens au bord d’une route, des éleveurs de chèvres en transhumance, des marchés de villages bouddhistes… Avec la bande-son, le talentueux A.R. Rahman (qui avait déjà réalisé celle de Rockstar, le précédent film de Imitiaz Ali, en 2011) fait un sans-faute, qu’il s’agisse d’un morceau instrumental, de la chanson en punjabi maahive, qu’il interprète lui-même, ou de la berceuse soohasaha, chantée par Alia Bhatt qui a, décidément, plus d’une corde à son arc. Le film, sorti le 21 février, a été présenté dans la section « Panorama » au festival du film international de Berlin.

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