La France met l’accent sur les infrastructures et le développement durable en Inde

French touch pour Smart cities indiennes

News - Indes

December 6, 2016

/ By / New Delhi



Chandigarh, une des « Smart cities » indiennes soutenues par la France

Chandigarh, une des « Smart cities » indiennes soutenues par la France

La France soutient activement le programme Smart Cities du gouvernement Modi et renforce sa présence en Inde dans les domaines des infrastructures et du développement durable.

Un développement urbain exponentiel, des défis technologiques, énergétiques, humains et environnementaux à relever pour les années à venir… Pour répondre à ces nouveaux enjeux et faire mentir l’adage selon lequel « en Inde, la planification d’une ville commence après sa construction », le Premier ministre indien Narendra Modi a lancé en 2015 l’ « India Smart Cities Challenge », un projet colossal regroupant 100 villes, ayant vocation à devenir des centres urbains intelligents, moteurs de développement du pays.

« L’objectif est de promouvoir des villes qui fournissent une bonne infrastructure de base et procurent une qualité de vie décente à leurs citoyens, dans un environnement propre et protégé, grâce à des solutions intelligentes pour optimiser les ressources. La priorité est donnée à des modes de développement durables et adaptés. L’idée étant de créer des modèles efficaces et souples qui serviraient de feuille de route à d’autres villes », peut-on lire sur le site de présentation de cette initiative nationale.

 Ce choix prometteur d’un développement durable, raisonné et adapté à la diversité des réalités environnementales et sociétales du pays trouve un écho dans les politiques et les savoir-faire des entreprises françaises.

Amaravati, projet phare de l’Andhra Pradesh

Le 30 novembre dernier, l’Ambassadeur de France en Inde, Alexandre Ziegler, accompagné d’une délégation de 30 entreprises françaises, a été reçu par Nara Chandrababu Naidu, Chief Minister de l’État d’Andhra Pradesh (Sud-Est). Le but était de cerner plus précisément les opportunités liées au développement du projet « Amaravati, capitale nouvelle de l’Andhra Pradesh », l’un des plus gros projets de développement de « Smart City » en Inde.

Après une présentation du projet urbain réalisée par le Dr Sreedhar Cherukuri, Commissaire de l’Autorité de développement de la capitale régionale de l’Andhra Pradesh, la délégation a participé à des tables rondes organisées par le gouvernement de l’Etat sur différents sujets techniques. Le champ des collaborations et les opportunités d’investissement sont en effet conséquents : du développement industriel au tourisme, destransports aux solutions énergétiques et à la gestion de l’eau et des déchets, en passant par l’environnement et la planification urbaine.

De son côté, l’Ambassadeur de France en Inde a rappelé le soutien apporté par la France au gouvernement indien qui affiche clairement sa volonté de faire appel aux capitaux et aux savoir-faire étrangers, pour combler le retard du pays dans de nombreuses filières (infrastructures, énergies, services) et anticiper un développement urbain exponentiel. L’Ambassadeur a notamment évoqué la création en juillet 2016 du « French Smart Cities Club », regroupant déjà plus de 50 entreprises françaises directement impliquées dans les programmes de développement urbain autour des « Smart Cities ».

L’engagement français

La France, pionnière dans le développement durable à travers ses entreprises innovantes, s’est engagée depuis plusieurs années aux côtés de l’Inde. Par le biais de l’Agence Française du Développement (AFD), elle a ainsi déjà contribué techniquement et financièrement à la réalisation de nombreux projets à travers  le sous-continent. Depuis 2008, dans le cadre d’accords binationaux, plus de 1,3 milliard d’euros ont été ainsi engagés sous forme de prêts souverains et non-souverains.

L’AFD a choisi d’assister les villes indiennes dans trois secteurs clés : le développement urbain durable et intégré, la sécurité énergétique et la préservation de la biodiversité.

La COP 21, la conférence internationale sur le changement climatique qui s’est tenue à Paris fin 2015, a renforcé le dialogue et la coopération entre les deux pays. Dès la visite préparatoire de Narendra Modi en avril 2015 en France, le Président français François Hollande s’est engagé à doubler sur trois ans les crédits accordés par l’AFD aux projets indiens de développement durable. La ratification des accords de Paris le 2 octobre dernier a donné l’occasion au président français de rappeler le rôle moteur joué par l’Inde: « Elle (l’Inde) a également lancé, avec la France, l’Alliance solaire internationale, qui contribuera à la réalisation des objectifs de l’accord de Paris en facilitant l’accès à l’énergie solaire. »

 Fin janvier 2016, lors de sa visite en Inde, François Hollande avait déjà annoncé une aide de 300 millions d’euros dans les cinq prochaines années pour le financement des premiers projets solaires indiens. Un développement stratégique pour l’Inde qui vise à produire 40% de son électricité à partir des énergies renouvelables d’ici 2030…

L’année dernière, l’AFD a en outre prêté 50 millions d’euros au programme indien mené par Energy Efficiency Services Limited, qui vise à soutenir des projets d’économie et d’efficacité énergétique, en priorité dans les secteurs de l’éclairage et des bâtiments publics.

Deux projets phares dans les transports publics sont aussi concernés : en 2012, l’AFD a accordé un prêt de 110 millions d’euros pour la réalisation de la Phase I du métro de Bangalore (Sud), troisième ville plus peuplée d’Inde. Un second prêt de 180 millions d’euros signé en 2015 va permettre de finaliser les travaux de la phase II. De même, à Kochi, au Kerala (Sud), l’AFD finance à hauteur de 180 millions d’euros la construction d’une ligne de métro léger, sur un parcours de 25,6 km, sur viaduc comprenant 22 stations aériennes.

Début 2016, dix grandes entreprises françaises, Alstom Transport, CAN, Dassault, EDF Energies Nouvelles, Egis, Lumiplan, Pomagalski, Schneider Electric et Thales, ont formé un partenariat avec EPI (Engineering Projects India Ltd.) pour participer à des projets de développement dans les transports publics, l’énergie et la gestion de l’eau.

Le choix detrois villes indiennes

 Pour des raisons historiques, sociales et économiques, la France s’est jusqu’à maintenant clairement positionnée sur trois villes indiennes : Pondichéry, l’ancien comptoir français au Sud-Est de l’Inde, Chandigarh, une ville imaginée par l’architecte franco-suisse Le Corbusier dans l’État du Punjab (Nord-Ouest) et Nagpur, dans le Maharashtra (Sud-Ouest). Des accords de collaboration ont été officiellement signés en janvier 2016 et de nombreuses entreprises françaises sont déjà à l’œuvre dans le développement urbain durable, les transports, l’énergie et le numérique.

A Pondichéry, les efforts vont se concentrer sur la préservation du patrimoine bâti, la gestion de l’eau, le traitement des ordures et les solutions contre l’érosion provoquée par l’eau de mer. « Ce sont des domaines dans lesquels la France a une véritable expertise et des villes comme Bordeaux ou Toulouse pourraient devenir de bons partenaires pour Pondichéry », explique Ashok Panda, co-fondateur de l’Indian National Trust for Art and Cultural Heritage (INTACH).

Pas moins de deux ministres et une délégation de plus d’une cinquantaine de chefs d’entreprises françaises avaient accompagné François Hollande lors de sa visite d’État en Inde, en janvier dernier qui avait justement débuté à Chandigarh. Quelques mois plus tôt, des accords de coopération avaient été signés dans les domaines de l’acheminement et du traitement des eaux, de la planification urbaine et de la conservation du patrimoine, du recyclage des déchets et des transports urbains.

Quant à Nagpur, la France s’engage à travailler auprès des autorités municipales et régionales pour l’élaboration de propositions adaptées, afin de rendre la ville éligible au projet « Smart City ». En novembre 2016,, l’Agence Française de Développement (AFD) a signé un accord de crédit de 130 millions d’euros avec le gouvernement indien, afin de financer le métro de Nagpur. D’autres accords sur la gestion de l’eau sont engagés.

Au cœur des grands  chantiers urbains lancés par le gouvernement Modi, la France veut faire la preuve de son efficacité et de son savoir-faire, afin de participer à l’éclosion d’une nouvelle politique de développement durable, basée sur le respect des habitants, des modes de vie et de l’environnement. Sans compter que cette volonté affirmée de soutenir l’Inde renforce des relations commerciales prometteuses dans un pays dont la croissance dépasse largement les  7%.

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