Haro sur le vapotage !

Le gouvernement Modi a annoncé l’interdiction de la cigarette électronique

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September 19, 2019

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Indes

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On assiste à une vague d’interdictions touchant la cigarette électronique à travers le monde et l’Inde ne fait pas exception. Le gouvernement Modi a annoncé, le 18 septembre, sa décision d’interdire, par ordonnance, l’importation, l’exportation, la production, la fabrication, le transport, le stockage, la publicité et la vente des cigarettes électroniques dans le pays.

Après être passée sous le feu des critiques pour sa nocivité pour la santé, notamment dans le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rendu le 26 juillet la qualifiant d’« incontestablement nocive », la cigarette électronique commence à faire l’objet de plus en plus d’interdictions. Ce mois de septembre sonnerait-il le glas du vapotage ? C’est semble-t-il le cas en Inde où la cigarette électronique doit se voir purement et simplement bannie.

Il ne s’agit pourtant pas d’une première car on compte bien d’autres interdictions à travers le monde, à différentes échelles, allant de l’interdiction totale (consommation, importation, production et vente) de toutes cigarettes électroniques à l’interdiction seulement de celles contenant de la nicotine, en passant par l’interdiction de la vente de ce type de produit, ou encore celle de vapoter dans les lieux publics. L’Institute for Global Tobacco Control de l’université John Hopkins relève près d’une centaine de pays régulant l’e-cigarette, dont plusieurs dizaines de manière assez stricte, notamment avec la mise en place d’une interdiction de vente de tous types de cigarettes électroniques par une trentaine d’entre eux, parmi lesquels la Thaïlande, le Cambodge, le Népal, Singapour, Brunei, le Liban, l’Argentine, le Brésil… Certains ont d’ailleurs totalement interdit l’usage de toute e-cigarette dans quelque sphère que ce soit (Cambodge, Népal, Jordanie, Émirats arabes unis…)

Mais aujourd’hui, ce mouvement s’accélère et se médiatise, en particulier après une vague de maladies pulmonaires graves suspectes ayant affecté des utilisateurs de cigarettes électroniques aux États-Unis, mais pour lesquelles le lien n’a pas encore été prouvé. Ainsi récemment, ce sont les États-Unis qui ont commencé à s’attaquer au vapotage. Le président américain, Donald Trump, a évoqué un projet d’interdiction au niveau fédéral, mais pour l’instant, seule la version aromatisée fera l’objet d’une interdiction, annoncée le 4 septembre par l’État du Michigan, et le 17 septembre par l’État de New York. Mais en juin dernier déjà, la ville de San Francisco avait interdit la vente des cigarettes électroniques n’ayant pas reçu l’approbation de l’agence sanitaire fédérale (FDA), sachant qu’aucune n’a, à ce jour, reçu une telle approbation.

L’Inde a elle aussi décidé de réguler de manière drastique la cigarette électronique. Le 18 septembre, le gouvernement Modi a annoncé sa décision d’interdire dans tout le pays, par ordonnance, l’importation, l’exportation, la production, la fabrication, le transport, le stockage, la publicité et la vente de tous les types de cigarettes électroniques (incluant toutes les formes d’Electronic Nicotine Delivery System ou ENDS, les appareils qui chauffent mais ne brûlent pas le tabac, les e-hookah et les appareils similaires) ainsi que ses composants. Le régime de sanction prévoit une peine allant jusqu’à un an de prison et une amende de 100 000 roupies (environ 1 270 euros) qui augmentent, en cas de récidive, à trois ans de prison et 500 000 roupies d’amende (environ 6 360 euros). En revanche la possession d’une cigarette électronique pour son usage personnel ne constituera pas une infraction.
Avant cette décision, 16 États de l’Union (sur 29) et un territoire de l’Union (sur 7) avaient déjà interdit les ENDS suite à une directive du ministère de la Santé d’août 2018.

 

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En Inde comme aux États-Unis, c’est bien sûr la santé publique qui est invoquée, et en particulier le risque de dépendance pour les jeunes, comme l’a précisé la ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, lors d’une conférence de presse, considérant que, malgré son but originel de détourner de la cigarette, l’e-cigarette était en fait devenue « à la mode ». La ministre a également mis en lumière plusieurs rapports, notamment américains, sur le succès et l’importante croissance de la consommation par les jeunes de l’e-cigarette, présentée, à tort, par les fabricants comme inoffensive. Dans un communiqué de presse, le gouvernement explique que cette interdiction « contrera la tendance à l’utilisation de l’e-cigarette, en particulier auprès des jeunes générations, fera avancer la lutte anti-tabac, en menant à de meilleurs résultats en matière de santé publique, et contribuera à la baisse de la consommation de tabac, ainsi que de ses conséquences économiques et médicales ».
Selon les données 2018 de l’OMS, l’Inde, comptant près de 270 millions de consommateurs de tabac (avec ou sans fumée), et plus d’un million de décès dus au tabac (9,5% des décès), est l’un des principaux consommateurs mais aussi producteur de tabac au niveau mondial.

Cependant, l’Association of Vapers India (organisation dédiée à la promotion de l’usage de la cigarette électronique pour aider à l’arrêt de la cigarette traditionnelle), qui argue que le vapotage serait 95% moins nocif que le tabac combustible, a déclaré que la décision du gouvernement « indique qu’il s’inquiète plus de protéger l’industrie de la cigarette que d’améliorer la santé publique ». Voici en effet un marché important, avec une population d’1,3 milliard de personnes, qui se ferme à cette industrie, dans laquelle l’industrie du tabac traditionnel a pourtant largement investi.

L’OMS a, quant à elle, félicité l’Inde dans un tweet pour cette interdiction de l’e-cigarette.

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