Les moustiques en Inde

Un fléau mortel

Sante

July 19, 2017

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Traitement à grande échelle par fumigation : l’Inde utilise encore du DDT, un insecticide pourtant interdit dès les années 1970

Traitement à grande échelle par fumigation : l’Inde utilise encore du DDT, un insecticide pourtant interdit dès les années 1970

Sprays, crèmes, bougies, spirales d’encens, diffuseurs électriques, aérosols insecticides… Un arsenal de combat impressionnant et pourtant toujours ce vrombissement à l’oreille qui, en plus de pourrir les nuits des Indiens pendant la mousson, s’avère mortel pour les populations les plus pauvres, éloignées des centres de santé.

Mousson 2015, panique à New Delhi. Hôpitaux débordés, malades contraints de dormir devant l’entrée des urgences ou obligés de partager un lit à deux. Drames absurdes comme les morts tragiques de deux jeunes enfants qu’un simple traitement aurait pu sauver si un centre de soins les avait acceptés… Des autorités critiquées et une question sous forme de leitmotiv : « Comment s’en débarrasser ? »

Car, chaque année, entre les mois de juin et de septembre, lorsque les pluies diluviennes de la mousson reviennent en Inde, un seul insecte, pourtant minuscule, devient l’ennemi public numéro un. Le moustique, l’insecte le plus meurtrier au monde. L’insecte volant est en effet porteur de nombreuses maladies qui tuent chaque année des centaines de milliers de personnes dans le monde. Chikungunya, encéphalite japonaise, filariose lymphatique, dengue et bien sûr malaria, aussi appelée paludisme… Voici les cinq principales maladies transmises par les moustiques en Inde, avec des recrudescences de l’une ou l’autre suivant les années. En 2015, la seule ville de Delhi connaît la pire flambée de dengue de son histoire depuis 2006 avec plus de 16 000 cas signalés. En 2016, pas moins de 4 millions de cas de Chikungunya sont recensés en Inde. L’OMS considère que 11% des cas de malaria et 34% des cas de dengue dans le monde se concentrent en Inde. Des chiffres inquiétants et un fléau que les autorités sanitaires ont bien du mal à endiguer, faute d’une surveillance efficace et de plans d’action systématiques.

Adaptation et mutation

Il faut reconnaître que l’ennemi est coriace. Millions d’années après millions d’années, le moustique a prouvé sa propension à survivre en s’adaptant sans cesse à son environnement. Le problème est que cette évolution s’accompagne de dommages collatéraux dont nous, humains, faisons les frais. Parmi les milliers d’espèces de moustiques, le genre « Aedes » aussi appelé moustique-tigre, reconnaissable par la présence d’une ligne longitudinale blanche en position centrale sur son thorax noir, est le plus nocif. Pourquoi ? Parce qu’il accueille des parasites – qui ne l’affectent pas – mais qu’il transmet à sa proie à chaque piqûre, via sa salive.

Ce sont les femelles fécondées qui s’attaquent aux mammifères (dont nous faisons partie) pour absorber du sang dans lequel elles trouvent des protéines nécessaires à l’évolution de leur progéniture. Ce n’est pas directement le sang bu sur la précédente victime qui infecte la suivante, mais la salive que la femelle moustique-tigre enceinte injecte dans sa victime au moment de la piqûre pour fluidifier son sang. Le virus, une fois dans le corps de la victime, va tranquillement s’installer dans les globules rouges pour se multiplier par milliers. Des toxines transmises dans le corps annoncent alors, quelques jours plus tard, les premiers symptômes de la contamination : sueurs, frissons, fatigue, courbatures et premiers cycles de fièvres…

Bien connaître l’ennemi, c’est aussi être capable de trouver les meilleures solutions pour l’affronter. Or, dans ce cas, les défis sont nombreux. D’abord, la femelle moustique est extrêmement féconde puisqu’elle pond en moyenne 3000 œufs à la surface de l’eau au cours de sa courte vie (un mois environ). Les œufs flottent le temps que l’embryon se développe. S’il leur suffit d’environ deux semaines pour devenir larves puis adultes, les œufs peuvent aussi survivent pendant plusieurs années dans un environnement sec en attente d’une inondation… Cela expliquerait d’ailleurs la propagation de ce moustique, originaire de l’Asie du Sud-Est, dans le monde entier.

(Les industries, les villes se développent rapidement en Inde empiétant tous les jours un peu plus sur la nature. Alors cette dernière se venge et envahit à son tour le bâti. Les animaux prospèrent, n’ayant )

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