Drame dans l’Himalaya

Séisme

June 2, 2015

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Indes

mai - juin 2015



Drame dans l’Himalaya

Samedi 25 avril, un tremblement de terre a détruit une partie du Népal et entraîné de fortes avalanches sur le Mont Everest. L’Inde et le petit Bhoutan ont également été secoués.

Il en est toujours ainsi avec les tremblements de terre. Les chiffres gonflent au fil des jours. Soixante-douze heures après le séisme du 25 avril, le Premier ministre népalais Sushil Koirala avertissait que le bilan pourrait dépasser les 10 000 morts. A Katmandou, il y a eu, bien sûr, les victimes ensevelies sous les décombres, que les secouristes n’ont pas pu dégager à temps. Mais le Népal a une autre particularité. Nombre de villages, perchés dans la montagne ou à flanc de coteaux, sont très difficiles d’accès, même en temps normal. Alors, avec les éboulis résultant des secousses telluriques, les glissements de terrain et les coulées de boue, ce sont des milliers de Népalais qui sont restés coupés du monde des jours durant. On a dit aussi que dans certains villages, les maisons s’étaient affaissées comme des châteaux de cartes.

Il y eut aussi ces terrifiantes images d’avalanches sur les contreforts du Mont Everest. Relayées par des alpinistes pris dans la tourmente, elles ont fait le tour du monde sur Facebook et sur Twitter. Fin avril, la France était toujours sans nouvelles de plus de 600 de ses ressortissants.

 

Drame dans l’Himalaya

Mais surtout, le Népal est un pays très pauvre. Les infrastructures y sont particulièrement déficientes. Quant à ses institutions politiques, elles sont encore fragiles. Les Népalais ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Dans leur grande majorité, ils ont attendu dès le début, davantage d’aide de l’étranger que de leur propre gouvernement. « Nous n’avons aucune confiance dans notre gouvernement, seuls l’Inde et et le Premier ministre indien Narendra Modi nous aident », clamait au lendemain du séisme Dhruba Kandel, un villageois. « Sans les hélicoptères indiens, les gens seraient morts par dizaines dans les montagnes ». Ce ne fut pas si simple. Les hélicoptères indiens étant souvent trop lourds pour aller se poser dans des régions reculées où le terrain avait été rendu particulièrement instable.

Il n’empêche. Dès la première heure – au sens propre du terme – l’Inde a répondu présente. Narendra Modi a aussi tenu à prendre personnellement en mains la coordination des secours Il a de l’expérience. Le 26 janvier 2001, alors qu’il n’était pas encore Chief Minister du Gujarat, Modi s’était déjà fait remarquer pour son sens de l’organisation face au séisme meurtrier qui venait de toucher les régions de Bhuj et de Kutch. D’une magnitude de 7,7 sur l’échelle de Richter, le tremblement de terre du Gujarat avait fait environ 20 000 morts. Modi avait été élu à la tête de l’état neuf mois plus tard.

Samedi 25 avril à 15 heures, le Premier ministre indien réunissait une cellule de crise à New Delhi. Il s’est adressé directement aux Népalais, promettant de « sécher les larmes » de chacun d’eux. Puis ce fut la noria des hélicoptères transportant de l’aide. Certains rentraient avec, à leur bord, des Indiens qui se trouvaient au Népal au moment de la catastrophe. Hasard du calendrier, Narendra Modi a déjà effectué deux visites au Népal depuis son accession au pouvoir en mai dernier. Dont l’une pour le Sommet de l’Association Sud-Asiatique pour la Coopération Régionale (SAARC) en novembre 2014.

Si l’Inde et le Népal ont d’évidentes affinités (la population népalaise est en grande majorité hindoue comme en Inde), Katmandou continue d’être courtisée par la Chine, son autre grand voisin. Et Pékin aimerait bien ne pas se laisser damer le pion par Delhi. Les Chinois ont d’ores et déjà promis au Népal une aide de 3,3 millions de dollars, un montant similaire à celui offert par l’Union européenne. Et des secouristes chinois en uniforme rouge patrouillaient les rues de Katmandou à la recherche de victimes dès le lendemain de la catastrophe. Tristement, les catastrophes deviennent souvent des enjeux politiques.

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