Société

Festival de l’Inde : le thème de l’engagement s’invite dans la culture indienne

Le Festival de l'Inde attire beaucoup des indophiles à Melun

By | May 22, 2026 | Paris, France

Festival de l’Inde : le thème de l’engagement s’invite dans la culture indienne

Les stands divers exposant les artisanats Festivale de l’Inde (Photos Mathis Lemoine/Media India Group)

Les 16 et 17 mai 2026, à la salle de l’Escale à Melun, s’est tenue la 10e édition du Festival de l’Inde, organisé par le Cercle Culturel Franco-Indien (CCFI). Sous le thème de l’engagement, cet événement gratuit a rythmé le week-end avec deux jours de fête mêlant spectacles de danse Bollywood et Odissi, concerts, conférences, gastronomie et mode indienne. Un voyage au cœur de la culture indienne, entre tradition et modernité.
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Sous le thème de l’engagement, la 10e édition du Festival de l’Inde a ete organisé par le Cercle Culturel Franco-Indien (CCFI) les 16 et 17 mai 2026, à la salle de l’Escale à Melun.

Avec cette 10e édition, et une deuxième année consécutive à Melun, l’événement est devenu incontournable, chaque édition étant marquée par un thème différent. Cette année, le Cercle Culturel Franco-Indien (CCFI) a choisi le thème de l’engagement, notamment pour montrer son soutien à l’autisme en Inde, un sujet largement abordé qui touche de nombreux enfants. Il s’agit aussi de combattre de nombreux clichés répandus dans le monde : « Ces clichés sont toujours là. L’Inde, ce n’est pas que Bollywood, ni uniquement le tandoori ou les naans. Je caricature un peu. Pour la plupart des Européens, ce sont des clichés. Pourtant, quand on parle de l’Inde, il faut rappeler que c’est la cinquième puissance économique mondiale et qu’elle est très riche dans tous les domaines », souligne Vincent Appadourai.

Ce festival s’est déroulé sur un week-end afin de faire découvrir toute la richesse de la culture indienne à travers spectacles, conférences, cinéma, gastronomie et rencontres. Une immersion totale dans la culture indienne sous toutes ses formes.

Un voyage entre musique et danses traditionnelles

Durant ces deux jours, les visiteurs ont eu la chance de découvrir sur scène de nombreuses danses traditionnelles indiennes. « Il y a tellement de danses classiques, il y en a plusieurs en Inde, mais très peu de gens les connaissent. Il y a le Bharata Natyam, le Kathak, l’Odissi, et aussi le Kuthu, des danses dynamiques venues du sud, sans oublier le Bollywood », explique Vincent Appadourai, organisateur du Festival de l’Inde et président du Centre Culturel Franco-Indien.

Des bijoux artisanaux inspirés de la tradition indienne exposés lors du Festival de l’Inde

Des bijoux artisanaux inspirés de la tradition indienne exposés lors du Festival de l’Inde

Des danses que très peu de personnes connaissent, l’objectif étant de montrer qu’il n’y a pas que le Bollywood en Inde. Représentante de la danse indienne, Mahina Khanum a participé à l’événement pour partager ses talents artistiques avec le public. Danseuse, chorégraphe et professeure de danse indienne Bollywood et Odissi, basée à Paris, disciple de Guru Shankar Behera à Bombay et de Madhavi Mudgal à Delhi, elle dirige une troupe de danse indienne qui organise de nombreux événements et projets artistiques innovants.

Parmi toutes ces danses, une autre discipline connue dans le monde entier a été mise en avant : l’art martial, originaire de l’Inde selon Vincent Appadourai. « Beaucoup ignorent que l’art martial est né en Inde. Il s’est ensuite développé et transformé dans d’autres pays, notamment en Chine, avant de donner naissance à des disciplines comme le karaté. Le berceau des arts martiaux, c’est l’Inde », affirme-t-il.

En Inde, la danse est indissociable de la musique, élément central de la culture. Durant le festival, deux concerts ont été proposés, dont une performance d’Usman Mohamed et de sa troupe.

Des conférences pour comprendre l’Inde d’aujourd’hui

Pendant le week-end, plusieurs sujets de société ont été abordés lors de conférences. L’autisme en Inde a notamment été évoqué avec le professeur Djéa Saravane, ancien cancérologue, qui a consacré la fin de sa carrière à ce sujet et à des recherches pendant plus de 30 ans. « Nos projets consistent à aider des enfants autistes, aussi bien en France qu’en Inde. Il faut savoir qu’en Inde, pour qu’un enfant soit pris en charge, cela coûte plus de 2 crores (environ 20 millions de roupies indiennes). En France, par exemple, tout est pris en charge gratuitement. Nous aidons donc des familles défavorisées qui n’ont pas les moyens de les placer dans des structures adaptées », explique le président du CCFI.

Le cinéma indien, très important dans la culture, notamment à travers Bollywood, tente aussi de s’imposer face à l’industrie américaine Hollywood. Cette visibilité passe par l’internationalisation des œuvres. C’est pourquoi les courts-métrages « Reflet d’Émile Raj » et « Le Babel de Séjiane Belmont » ont été diffusés en France durant le festival, entre blockbusters et films indépendants. La présence d’Étienne Dubaille, acteur engagé à travers Night ED (société de distribution de films indiens), a également permis de promouvoir le cinéma indien auprès du public.

À Melun, le Festival de l’Inde ouvre ses portes aux visiteurs pour un week-end de découvertes culturelles et artistiques.

Le Festival de l’Inde ouvre ses portes aux visiteurs pour un week-end de découvertes culturelles et artistiques.

Un autre sujet encore peu mis en avant concerne la représentation de la diaspora indienne dans le sport en France. Pour en parler, Vinaya Seshan, gardienne du Paris PUC, a partagé son expérience du football féminin et des exigences du haut niveau. Le football professionnel a également été abordé sous un angle original avec Jérôme Auencon, spécialiste du footgolf. Logan Free Style est également intervenu, tout comme Jonathan Sinivassane, en charge des coulisses et de l’administration du Paris FC.

D’autres approches plus spirituelles ont été proposées avec « Le nettoyage des énergies des lieux de vie (géobiologie) » et « Le phénomène Appsaara ». Un espace littérature, au premier étage, réalisé en partenariat avec la Fnac de Melun, était dédié aux auteurs et autrices, qui ont échangé avec le public et contribué à l’enrichissement culturel de l’événement.

Entre gastronomie et mode indienne

Qu’est-ce qu’un festival sans gastronomie ? La cuisine indienne était largement représentée avec plusieurs stands et food trucks : Bolly Street, Tea Stall de la Kondatam, Amirtham Sweet, GS Fast Food et Maison Fusion Traiteur, ainsi que Sabay Juice, spécialiste du jus de canne à sucre, spécialité du Cambodge.

À l’intérieur, de nombreux stands proposaient nourritures, bijoux et vêtements traditionnels. Sundari Virapin, 59 ans, l’une des marchandes, présentait ses créations : « Je vends de nombreux bijoux (colliers, boucles d’oreilles) provenant du nord de l’Inde, pour faire découvrir la culture indienne. Ils sont principalement portés avec des vêtements traditionnels pour différents événements. »

À côté de son stand, son neveu, Shanmugavi Virapin, proposait des urugaï. « Ce sont des accompagnements aux différentes saveurs qui se mélangent avec du riz, des naans, des barothas. Il y a aussi des poudres que l’on peut diluer avec du neyyi, une sorte de beurre que l’on met sur le riz. On a également des arômes comme le rub, que l’on peut utiliser sur les viandes. »

Pour mettre en valeur l’élégance des vêtements traditionnels indiens, un défilé de mode a été organisé, présentant les dernières créations mêlant tradition et modernité par Jash Couture. Cette nouvelle vision de la mode indienne revisite le sari, le dhoti et d’autres tenues traditionnelles, en leur apportant un souffle contemporain.

Le Festival de l’Inde à Melun s’impose comme un rendez-vous incontournable mêlant spectacle, culture, bien-être et partage. Le thème de l’engagement a permis de soutenir de nombreux projets, notamment autour de l’autisme en Inde.

Ce festival met en lumière la richesse de la culture indienne à travers la danse, la gastronomie et les rencontres humaines. Il vise aussi à déconstruire les clichés, en rappelant que l’Inde ne se résume pas à Bollywood. Cinquième puissance mondiale, pays de plus d’un milliard d’habitants, l’Inde fascine autant qu’elle impressionne. Un pays avec des richesses infinies, elle continue de faire vibrer par la diversité et l’intensité de sa culture.