Budget indien 2016

L'accent sur l’économie rurale et les investissements

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February 29, 2016

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Le budget indien 2016, présenté lundi par le ministre des Finances, Arun Jaitley, se concentre d’abord sur l’économie rurale, qui a bien besoin d’un soutien. Il vise également à accélérer les investissements, tout en limitant le déficit public à 3,5% du Produit intérieur brut. Et à attirer davantage d’investisseurs étrangers dans une économie qui vise un objectif de 7-7,5% de croissance, mais est confrontée à un environnement mondial morose.

Un budget est toujours un équilibre délicat, sur le plan économique et politique. Dans son deuxième budget complet, depuis que le gouvernement mené par le parti hindou BJP est arrivé aux affaires en 2014, le ministre des Finances, Arun Jaitley, est apparu concentré sur trois priorités principales, lors de son discours de présentation du budget 2016 devant la chambre basse du Parlement indien: le monde rural, les investissements et un renforcement de l’attractivité de l’Inde dans un contexte économique international délicat.

Tout d’abord, il a présenté un ensemble de mesures visant à stimuler une économie rurale pourvoyeuse d’emplois pour la moitié de la population indienne, mais qui a bien besoin d’un soutien accru. Parmi ces mesures, une couverture de santé allant jusqu’à 100000 roupies (1500 euros) par famille a été annoncée, ainsi que des mesures visant à promouvoir un système d’irrigation pour 2,85 millions d’hectares et à fournir des logements abordables. Un nouveau programme entend également offrir aux agriculteurs un meilleur accès aux prêts bancaires, pour les rendre moins dépendants de prêteurs privés proposant des taux prohibitifs.

L’effort porte sur les dépenses sociales en général, avec un fonds de 20 milliards de roupies (près de 300 millions d’euros) pour fournir des raccordements au gaz de pétrole liquéfié (GPL) aux ménages défavorisés. En 2016, cela concernera 15 millions de ménages vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

L’idée maîtresse est qu’une accélération de la croissance ne peut se produire que si les ménages les plus pauvres, et notamment ruraux, améliorent leur pouvoir d’achat, sur fond de sécheresses persistantes et de conditions financières très difficiles pour les agriculteurs. Il s’agit aussi d’une réponse directe aux critiques de l’opposition, comme le Parti du Congrès, qui juge le gouvernement trop centré sur l’industrie.

Dans le même temps, le budget tente de répondre à une deuxième priorité, identifiée par les économistes et les analystes, comme l’agence de notation Moody dans son dernier rapport mondial: la nécessité d’accroître les investissements.

Du côté du secteur public, dans les infrastructures, INR 970 milliards (plus de 14 milliards d’euros) seront par exemple consacrés au total à la construction de routes et d’autoroutes. Le budget ferroviaire, présenté comme toujours séparément la semaine dernière, a également porté sur des investissements accrus.

Bond des investissements directs étrangers

La troisième priorité est de protéger l’Inde contre des vents contraires soufflant sur l’économie mondiale, pour qu’elle soit une destination privilégiée des investissements internationaux, alors que des voisins comme la Chine ralentissent et que les Etats-Unis, l’Europe ou le Japon restent fragiles.

La tendance est bonne. Les investissements directs étrangers (IDE) en Inde ont augmenté de 40% à 29,44 milliards de dollars en Avril-Décembre 2015, en glissement annuel.

Mais le gouvernement veut consolider cette tendance. Il va permettre 100% d’investissements étrangers, contre 51% précédemment, dans le commerce de détail des produits alimentaires transformés, si ces produits sont fabriqués en Inde. Un mouvement très attendu par les géants internationaux de la vente au détail multimarques comme l’Américain Wal-Mart, pour pouvoir ouvrir en Inde des magasins de vente au détail de produits alimentaires.

Dans les secteurs de l’assurance et de l’épargne-retraite, les investissements étrangers à hauteur de 49% seront désormais autorisés par une voie dite automatique. En pratique, les investisseurs ne devront plus demander d’autorisation aux autorités en charge, en l’occurrence le Foreign Investment Promotion Board (FIPB), pour accroître leur participation. Cette procédure freinait la plus grande ouverture du secteur aux investisseurs étrangers, décidée l’année dernière, mais qui a produit de timides résultats.

En outre, de manière symbolique, dans le secteur financier, Jaitley a annoncé que les investisseurs étrangers seraient autorisés à posséder jusqu’à 15% du capital de bourses nationales (la précédente limite était de 5%), pour accroître l’attractivité et la compétitivité de ces places de marché.

Le ministre des Finances a également assuré qu’il y aurait une utilisation prudente de la législation fiscale rétroactive, qui affecte par exemple le groupe de télécommunications britannique Vodafone.

L’objectif global est d’atteindre 7 à 7,75% de croissance du produit intérieur brut (PIB) lors de cet exercice et de limiter en même temps le déficit budgétaire à 3,5% du PIB. Voilà pourquoi Jaitley a aussi annoncé des mesures visant à serrer les cordons de la bourse: comme ce prélèvement de 0,5% supplémentaire sur les services, qui portera en pratique la taxe sur les services à 15% et renchérira les prix de la plupart d’entre eux.

L’idée centrale est de dessiner un budget équilibré à plusieurs titres: pour garder le déficit public sous contrôle; mais aussi assurer un équilibre en termes de priorités, d’une part entre les dépenses en faveur du monde rural et les investissements et d’autre part entre les préoccupations nationales et internationales. La clé du succès de ce budget réside désormais dans sa mise en œuvre pratique tout au long de l’exercice.

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