L’Ile de la Réunion fête le nouvel an tamoul 5119

Interview Exclusive avec Didier Robert, le président de la Région Réunion

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May 22, 2018

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mai-juin 2018



Le Puthandu (en tamoul) correspond au jour où le dieu hindou Brahma entama la création de l’univers. Les « Malbars » (comme sont communément appelés les Réunionnais d’origine tamoule dans l’île) ont eux aussi, comme des milliers de tamouls à travers le monde, célébré le passage à l’année 5119.

La plupart des festivités ont été organisées par les associations tamoules de La Réunion et ont duré plusieurs jours. Elles ont pris fin officiellement lors d’une soirée organisée par la région Réunion au Domaine de Montgaillard à Saint Denis.

« Nous sommes fiers de célébrer le nouvel an tamoul à La Réunion. Cela fait partie intégrante de notre héritage culturel. Les associations locales et la région travaillent ensemble pour que la culture tamoule soit transmise aux nouvelles générations », a confié Didier Robert, président de la région Réunion.

Lors de cette soirée haute en couleurs, plusieurs spectacles de danse, de musique et de théâtre ont été présentés à un public de toutes religions et origines. Une troupe de danseurs de l’Institut national de Kalakshetra à Chennai, avait notamment fait le déplacement depuis l’Inde pour présenter un spectacle de Bharatanatyam, une danse traditionnelle indienne.

La Réunion, avec son métissage culturel (Français, Africains, Indiens et Chinois notamment), s’est toujours définie comme un modèle de « vivre ensemble ». La religion hindoue, dénigrée au départ par ceux qui ne la pratiquaient pas, est aujourd’hui reconnue et estimée comme l’une des richesses de l’île. « L’identité réunionnaise est multiculturelle et multicultuelle. C’est une richesse de pouvoir participer à autant de célébrations de nouvel an une seule année ! », a déclaré Amaury de Saint-Quentin, le préfet de La Réunion, qui a participé pour la première fois à la clôture des festivités.

Koïl, Massalé et Carris…

Les ancêtres indiens de l’île de La Réunion, sont arrivés pour la plupart au XIXe siècle en tant que « travailleurs engagés » pour remplacer les esclaves noirs dans les plantations de canne à sucre.

Qu’ils ressemblent ou non à des Indiens, chaque famille réunionnaise et quasiment chaque Réunionnais vous diront qu’ils possèdent un ancêtre ou un membre de la famille d’origine indienne.

En vous promenant dans les villes de La Réunion, vous serez très vite captivé par les temples ou « Koïl » colorés hindous qui s’élèvent au milieu du bitume. Les senteurs d’épices, de curcuma, ou « massalé » (masala), vous attireront sans doute chez un restaurateur où les « carris » (currys) font partie intégrante des repas traditionnels de l’île.

Pendant les célébrations du nouvel an, plusieurs processions hindoues ont sillonné les rues de Saint André et de Saint Paul où se sont établis la majorité des Malbars.

« Ce fut vraiment intéressant pour moi de rencontrer les Réunionnais d’origine indienne et de voir comment ils ont réussi à préserver leurs traditions. La langue fut peut-être plus difficile à pratiquer, mais nous avons de plus en plus de professeurs indiens, de tamoul ou d’hindi qui viennent enseigner ici. Les célébrations du nouvel an tamoul témoignent de l’effort du gouvernement local pour promouvoir la culture tamoule », explique Babu Paul, le consul général de l’Inde à La Réunion.

Les échanges entre La Réunion et l’Inde vont crescendo : les visas pour les Indiens en visite dans l’île ont récemment été facilités et depuis un an la compagnie Air Austral opère des vols directs depuis Chennai. Le rapprochement entre l’Inde et La Réunion semble donc inévitable. La Réunion est dotée de tous les atouts pour devenir un pont à la fois économique et culturel entre la France et l’Inde.

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