Un partenariat durable EU-Inde autour du développement des compétences

Le Sommet international sur le développement des compétences en Inde (21-22 novembre, à New Delhi)

News - Indes

November 25, 2016

/ By / New Delhi



Le Dr Ursula Renold de l’université technologique ETH Zurich

L’EIFE (Fondation Europe-Inde pour l’Excellence) a organisé l’India International Skill Development Summit & Exhibition, la première conférence internationale du genre en Inde dédiée au développement des compétences, les 21 et 22 novembre, à l’hôtel Grand, dans la capitale indienne, New Delhi. L’EIFE a acquis la conviction que l’Europe est la mieux placée pour aider l’Inde dans sa mission ambitieuse de ‘Skill India’, lancée par le Premier ministre indien, Narendra Modi.

Ce sommet de deux jours a accueilli plus de 35 institutions et entreprises européennes actives dans le développement des compétences, qui ont mené des discussions et des rencontres B to B avec plus de 350 homologues indiens. Il s’est agi de déterminer concrètement comment l’Europe pouvait contribuer de façon significative au programme ‘Skill India’, visant à fournir des compétences aux millions de jeunes entrant sur le marché indien du travail chaque année.

La conférence a rassemblé plus de 45 intervenants, représentant des organisations comme NSDC (Inde), Bosch (Allemagne), UIMM (Paris), Institut Technique de Kohinoor (KTI, Inde), TUV Rheinland (Allemagne), ETH (Suisse), LD Didactic (Allemagne), GSI-SLV (Allemagne), Aditya Birla Foundation (Inde), Reliance Jio Infocom (India), Rise India (Inde), TATA Motors (Inde), Nanterre Université (France), CAF (Inde) et de l’OCDE, entre d’autres.

Les intervenants ont débattu de divers sujets, au cours de 16 sessions thématiques. Les thèmes étaient variés : des avancées dans le développement des compétences en Inde depuis 10 ans, à la formation pour demain, en passant par les initiatives prises par les entreprises pour la formation et l’employabilité ; la formation dans les filières écologiques suite à l’accord de Paris sur le climat ;  les liens entre l’éducation et l’emploi, ou encore le thème de la formation des jeunes ruraux.

Le Comte Christopher de Breza, président fondateur de l’EIFE a déclaré : « Les modèles de développement des pays sont différents. Cela signifie qu’il faut inciter à des apports extérieurs qui puissent examiner les problèmes spécifiques à l’Inde. » Il a souligné que l’Inde doit être préparée de manière adéquate à l’énorme dividende démographique dont elle pourrait profiter dans les dix prochaines années.

Des ministres et des représentants officiels des Etats indiens d’Uttar Pradesh, Odisha, Maharashtra, Sikkim et Jharkhand  ont aussi présenté lors du sommet le scénario du développement des compétences dans leurs Etats respectifs.

Accroître l’employabilité des jeunes

« La Mission de développement des compétences de l’Uttar Pradesh vise à assurer l’autonomie, l’esprit entrepreneurial et un environnement favorable à l’employabilité des jeunes, à travers de nombreuses étapes, telles l’adoption du modèle américain de ‘Community College Network, ou du système allemand d’éducation en alternance », a ainsi expliqué le Professeur Abhishek Mishra, du Gouvernement de l’Uttar Pradesh.

Arun Kumar Sahoo, ministre du gouvernement de l’Odisha, a parlé de la nécessité de développer dans cet Etat des Instituts Industriels de Formation (Industrial Training Institutes, ITI) et des programmes de formation de courte-durée, pour développer davantage les compétences de la mains-d’œuvre rurale, dont 41% est âgée de moins de 35 ans.

Durant la session dédiée aux responsabilités sociales des entreprises, à travers notamment le schéma officiel de financement dit CSR (Corporate Social Responsibility), et plus particulièrement en matière de développement des compétences, Sanjiv Garg, Vice-président et responsable global du segment concerné chez TATA Motors, a détaillé la participation du groupe automobile dans plusieurs programmes, comme « UDAAN » (plus de 200 jeunes formés dans ce cadre) et « Kaushal Vikas Yojana » (plus de 70 centres de formation du groupe dans ce programme). Il s’agit aussi de combler l’écart entre les savoirs techniques des étudiants et les besoins réels des recruteurs.

La session consacrée à l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) avait pour but de présenter les meilleures pratiques en matière de développement des compétences en Inde. Mark Keese, chef du département Analyse et Politiques de l’Organisation basée à Paris, a souligné que l’inadéquation des compétences était un problème répandu dans tous les pays de l’OCDE. Une enquête menée en Inde en 2015 montre que 60% de recruteurs ont des difficultés à trouver des  employés formés.

« L’OCDE est en train d’étudier ces écarts en matière de compétences en Inde en termes de mains-d’œuvre. Le sujet est actuellement étudié en collaboration avec l’EIFE, et nous espérons lancer bientôt une étude pilote, au minimum dans un Etat indien », a conclu Ranvir Nayar, de l’EIFE.

Au terme de ce sommet couronné de succès,  la tenue d’un nouvel atelier intensif sur le sujet a été annoncée, en juin 2017, à Paris, suivi de visites de sites à travers l’Europe.

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