Quand Bollywood tourne (presque) entièrement au Japon

L’Indien Imtiaz Ali va réaliser une histoire d’amour avec le légendaire studio nippon Shochiku

Cinema

January 31, 2017

/ By and / New Delhi



Imtiaz Ali, le célèbre cinéaste indien (qui a tourné notamment pour partie « Tamasha » en Corse), va collaborer avec le vénérable studio de cinéma japonais Shochiku pour réaliser « Love in Tokyo », un film mêlant culture indienne et nippone, à travers une galerie de personnages variés.

 

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Imtiaz Ali, réalisateur indien connu pour ses histoires d’amour contrarié, comme « Highway », « Rockstar »  et plus récemment « Tamasha »

L’année 2017 est officiellement pour le Japon et l’Inde celle d’échanges amicaux autour du tourisme, de l’éducation et de la culture. Le cinéma n’est pas en reste : à l’occasion de la récente cérémonie d’ouverture de ces célébrations, à New Delhi, la capitale indienne, Imtiaz Ali, réalisateur indien connu pour ses histoires d’amour contrarié, a annoncé son prochain film, « Love in Tokyo » réalisé au Japon. Il va travailler en collaboration avec le légendaire studio nippon Sochiku, presque aussi vieux que le cinéma lui-même, puisqu’il a été fondé en 1895.

Le film racontera une histoire d’amour entre un héro indien et une héroïne japonaise. Tourné presque entièrement au Japon, ce long métrage vise à faire découvrir aux spectateurs indiens les multiples facettes de l’archipel.

Imtiaz Ali a eu l’idée de produire un film autour des relations entre les cultures des deux pays, lorsqu’il a tourné  au Japon, pendant deux jours, quelques scènes de sa comédie dramatique « Tamasha » (2015), qui avait pour cadre principal la Corse, avec Deepika Padukone et Ranbir Kapoor, la star issue de la famille Kapoor, un des grandes « dynasties » du cinéma indien. Le réalisateur a apprécié l’éthique de travail et l’ambiance au Japon et a souhaité y revenir plus longuement.

Un « reboot », pas un « remake » du film de 1966

L’idée de « Love in Tokyo » est née d’une conversation entre le réalisateur indien et Jay Sakomoto, PDG de la Shochiku, « Nous discutions de tout ce que les gens vivant dans différentes villes d’Asie ont en commun. Nous nous sommes demandé si nous pouvions tourner un film qui parlait des gens de différents lieux et qui pourrait plaire à un public varié. Est-ce qu’un film centré sur un pays ou une région pouvait faire l’affaire ? Serait-il universel en termes de contexte et d’exécution ? », s’est ainsi interrogé Imtiaz Ali.

 

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Asha Parekh (à gauche) chante avec Joy Mukherjee dans « Love in Tokyo », la version originelle du film datant de 1966. Les Indiens apprennent leur premier mot de japonais avec la chanson « Sayonara, Sayonara »

Le film qui emprunte son nom à un vieux long-métrage de Bollywood sorti en 1966, est plutôt, d’après le réalisateur, un « reboot » du film (une nouvelle version) qu’un « remake ». « L’histoire est entièrement retravaillée. Au cœur du film, on trouve des éléments totalement inconnus des spectateurs indiens. Avec des acteurs solidement enracinés dans leurs cultures respectives, cette histoire d’amour sera sans égale en Inde », a ajouté le réalisateur. « Les deux cultures ont beaucoup en commun, sauf la langue. Si les personnages ne s’emmêlent pas dans leurs mots, ils ont la possibilité de développer une relation ».

Imtiaz Ali a aussi souligné ce que le Japon peut offrir en matière de technologies et de savoir-faire.

« Ce sera pour moi une expérience formatrice de travailler avec la société japonaise Sochiku. C’est bien d’être au Japon. Je vais demander aux Indiens de visiter le pays. Il offre de multiples divertissements et il y a beaucoup à en apprendre », a ainsi expliqué le réalisateur à Media India Group.

Un tremplin pour le tourisme

Le film a en effet le potentiel de dynamiser les échanges culturels et touristiques entre les deux pays : « L’histoire a une telle portée que le département du tourisme japonais s’y est intéressé. Le film promeut leurs intérêts. En Inde, les films sont devenus un moyen très important de promouvoir le tourisme dans certaines régions, et ils jouent du même concept. Mais le plus important est l’idée de faire un film qui rassemble des personnages d’Inde et du Japon, et aussi, donc, des équipes des deux pays », explique le réalisateur, qui ajoute que « les différents départements du gouvernement japonais » l’ont aidé à réaliser le film.

Alors qu’il reste à auditionner les acteurs pour les rôles principaux, le scénario et le plan de tournage sont, eux, déjà fin prêts.

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