Entretien avec l’acteur Nawazuddin Siddiqui

« Manto n’a rien à envier à un film international »

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October 1, 2018

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Manto film's poster Manto : N. Siddiqui & N. Das

Le célèbre acteur qui tient le rôle titre du film Manto de Nandita Das, actuellement sur les écrans indiens et bientôt en France, parle de ce film retraçant la vie du grand écrivain indien controversé mais aussi de sa carrière d’acteur et de l’industrie du cinéma indien.

 

Après une tournée acclamée dans de nombreux festivals, dont le festival de Cannes – avec une sélection dans la catégorie Un Certain Regard – le film Manto, de la réalisatrice Nandita Das,continue son parcours sur les écrans indiens, depuis le 21 septembre, avant une sortie prochaine en France. Le film retrace, dans la période troublée de la partition entre l’Inde et le Pakistan de 1947, la vie et l’œuvre du grand écrivain humaniste controversé Saadat Hasan Manto. Il est incarné par Nawazuddin Siddiqui, un acteur qui a aujourd’hui le vent en poupe et qui a déjà une longue carrière derrière lui, avec des rôles dans de nombreux films, parmi lesquels : Black Friday, Gangs of Wasseypur, Lion, Lunchbox,Talaash, Firaaq… mais aussi dans la série originale récemment sortie par Netflix, Le seigneur de Bombay, et qui apparaitra prochainement dans le biopic Thackeray.

Dans un entretien exclusif avec INDES, Nawazuddin Siddiqui partage son expérience dans le film Mantoet nous parle de sa carrière dans l’industrie du cinéma indien.

 

Dans le film Manto,vous avez interprété le rôle principal de Saadat Hasan Manto, l’un des auteurs les plus controversés mais respectés que l’Inde ait jamais connus. Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle ?

Lorsque j’interprète un personnage, j’essaie toujours de faire émerger la réalité de son terrain. L’œuvre de Manto en elle-même témoigne de la réalité dans toutes ses formes et Nandita Das, la réalisatrice, nous a toujours conseillé d’en tenir compte dans notre jeu. Pas seulement moi, mais chacun de nous a essayé de ne pas tomber dans les stéréotypes dans l’interprétation de nos rôles respectifs dans le film.

 

Que vous a dit Nandita Das lors de votre premier briefing sur le film ? Comment cela s’est-il passé ?

J’ai accroché dès que Nandita Das m’a dit que le film ne traitait pas seulement des histoires de Manto mais aussi de sa vie. La vie de Manto en elle-même est très intéressante. C’était il y a environ quatre ans, et nous avons investi toutes ces années à faire en sorte que le concept qu’elle bâtissait prenne forme. J’ai juste compris que ce personnage me permettrait d’accomplir beaucoup de choses et de donner ce que je voulais offrir en tant qu’acteur. Le travail de recherche de Nandita Das était impeccable et ce que j’avais en main était déjà à moitié terminé. C’était un plaisir de travailler avec elle.

 

Le film revient aussi sur quatre nouvelles très connues de Manto. Auriez-vous une préférence personnelle pour l’une d’elles ?

Je ne peux pas en donner une spécifiquement. J’aime toutes les histoires de Manto. Je les lis et je les aime. J’ai un lien particulier avecToba Tek Singh car je l’ai joué il y a environ une vingtaine d’années. Sinon, Khol DoKali Salwar ou Thanda Gosth font partie de mes nouvelles préférées.

 Manto : N. Siddiqui

Comment la projection de Manto dans la catégorie « Un Certain Regard » du Festival de Cannes, a-t-elle été reçue ?

J’ai vu des personnes pleurer dans le public. Il y en avait qui sortaient avec le visage satisfait. Mais le mieux, je pense, c’est que le film a essayé de frapper les consciences. Et plusieurs personnes sont venues me voir pour me dire que le film arrivait à un moment très opportun.

 

Vous avez travaillé avec des réalisateurs indépendants par le passé, À présent que vous avez atteint un stade où vous pouvez imposer vos conditions, voudriez-vous produire quelques films pour des réalisateurs débutants ?

Oui, certainement. J’ai essayé de le faire. Je suis co-producteur de Manto et d’autres films sont en cours. Mon frère s’occupe pour moi de tout le travail de recherche de talents. Définitivement, je veux produire des films.

 

Ne pensez-vous pas que l’on vous cantonne à un certain type de rôle ?

Je pense qu’il s’agit d’une erreur de penser ainsi. Si je joue à la fois le rôle de Bal Thackeray (politicien fondateur du Shiv Sena au Maharashtra, parti radical nationaliste hindou) et celui de Manto, comment peut-on dire que je m’enferme dans un certain type de personnage ? Les héros de Bollywood sont figés dans un même type de rôle, ils font la même chose toute leur vie et personne ne leur pose cette question. À présent, les films réalisés en Inde permettent aux acteurs comme nous d’entrer dans la peau de personnages principaux complexes et cela nous rend polyvalents. Donc, ce n’est pas moi qui me cantonne à un type de rôle !

 

Avec quels réalisateurs indiens souhaiteriez particulièrement travailler ?

Si je cite des noms, je vais faire des mécontents. En tant qu’acteur, je prends en considération seulement l’histoire, le scénario et bien sûr, le plus important, mon personnage dans le film. Il y a aussi une part d’égoïsme en jeu, mais je pense qu’il est assez normal que je sois en quête de personnages qui constituent des défis et qui repousseront mes limites.

 

Êtes-vous maintenant à la recherche de projets internationaux ?

Non, pas pour l’instant. J’ai la satisfaction que les réalisateurs en Inde me proposent des personnages qui s’avèrent être pour moi des défis personnels et je suis heureux de les interpréter. Être une vedette internationale pour la simple image de marque n’est pas quelque chose qui me tente. Combien de films internationaux sont-ils comparables à Manto ? Très peu en réalité… Donc, je n’ai pas la volonté particulière d’aller vers des projets internationaux. Je suis fier de Nandita Das, et un film comme celui-ci n’a rien à envier à un film international.

 

 

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