Delhi Comic Arts Festival : Le dessin dans tous ses états !

Première édition du DeCAF, plateforme internationale dédiée à la BD indépendante

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December 7, 2017

/ By / New Delhi



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Du 4 au 6 décembre, la première édition du Delhi Comic Arts Festival (DeCAF) a réuni artistes, professionnels et amateurs de bande-dessinée du monde entier pour exposer cet art autrement et explorer toutes les tendances autour du dessin, de l’illustration et de la BD. Expositions, présentations, performances, échanges et réflexions autour de sujets aussi passionnants que variés, étaient notamment au menu de ce programme éclectique.

C’est à l’India International Centre (IIC) de New Delhi que s’est ouvert le premier chapitre d’un festival international dédié à l’illustration et à la bande dessinée sous toutes ses formes. La première édition du Delhi Comic Arts Festival (ou DECAF) a mis à l’honneur la scène indépendante internationale de la bande-dessinée, du dessin et de l’illustration via des moyens variés, en exposant et explorant cet art sous toute ses coutures.

« Créer une véritable culture de la bande dessinée en Inde »

En effet, Anindya Roy, fondateur et directeur du festival – qui a plus d’une corde artistique à son arc : réalisation cinématographique, édition (avec la fondation de Phantomville, la première maison d’édition de bandes dessinées et de romans graphiques en Inde), création de bandes dessinées sur des sujets sociaux pour des ONG, entre autres, et qui s’est également vu attribuer des bourses d’écriture et de recherches ainsi que des résidences par des organismes tels que le British Council ou l’Alliance française – a pour objectif de « créer une véritable culture de la bande dessinée en Inde ». Il nous a confié vouloir le faire en dépassant toutes les formes conventionnelles d’exposition afin de présenter cet art sous toutes ses facettes au public, de lui montrer « tout ce dont la bande dessinée est capable ». À la recherche d’idées novatrices, Anindya Roy souhaite que « les artistes puissent sexprimer de manière totalement originale ».

Un festival éclectique

Un pari gagné, donc, avec un festival mêlant divers supports et espaces d’exposition, d’échanges et de réflexion. Deux expositions, dans un jardin et en intérieur, présentant un large panel d’œuvres d’une vingtaine d’artistes, ont ainsi offert au visiteur, le trait délicat, poétique et inspiré d’Amruta Patil, peintre et auteur des romans graphiques tels que « Kari » et le dyptique « Parva », ou encore les dessins surprenants et plein d’humour d’une étoile montante de l’art visuel, touchant notamment à l’illustration, aux jeux vidéo et à l’animation, Priyesh Trivedi. Des artistes prestigieux, sélectionnés pour leur talent à mettre en lumière des thématiques variées, ont partagé avec le public leur vision de leur travail sous différents angles lors des présentations qui ont alterné avec des projections, notamment de films d’animation, mais aussi des performances, avec une session de dessin live de l’artiste Lika Nuessli accompagnée d’un concert du groupe Ha ! Espace de réflexion et de dialogue entre artistes et acteurs de ce secteur, le festival a, en outre, proposé des tables rondes et a également accueilli le lancement du livre « The Elephant in the room » – une anthologie graphique d’un collectif féminin indo-germanique publiée par Zubaan qui souligne l’importance de la nouvelle garde féminine. Pointant la faculté de la Bande dessinée à soulever des questions difficiles sous son aspect léger, les divers sujets abordés, de forme et de fond, allant de la mythologie à l’autisme, en passant par les changements que peuvent induire ces œuvres dans la société, ou encore leur rôle dans les films, l’animation et les jeux vidéo, ont donné un aperçu de la richesse de cet art.

« Une nouvelle voix »

Si la bande dessinée est un art encore naissant en Inde, en raison d’un manque d’exposition, il prend de l’ampleur et fourmille d’idées et de créativité, comme s’accordent à dire l’organisateur et les participants. Ce festival marque un tournant, comme le fait remarquer Appupen, artiste au ton mordant, qui a notamment publié des romans graphiques autour d’un monde mythologique appelé « Halahala » : « Cest la première fois quune telle plateforme offre aux artistes la possibilité de discuter de leur art en Inde. » Il y voit une réponse de la scène indépendante au courant dominant porté par le Comic Con, « une nouvelle voix ». « Ce festival est cette voix » selon lui. À l’instar de cet artiste, tous appellent de leur vœux la poursuite, la pérennité d’une telle initiative. Rendez-vous pris l’année prochaine avec le Delhi Comic Art Festival !

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